19 mai 2013

Le jardin : une bénédiction

Une journée de ravissement, à gratter la terre, à voir le feuillage tout neuf se découper sur un ciel pur-bleu, à écouter gazouiller des oiseaux (pas des Twittos) et à savourer des silences (ni voitures ni tondeuses à gazon alentour). Hier, mon âme était donc à la joie.

Croquer une asperge fraîchement cueillie, sucrée (sans OGM ni assaisonnements), ou admirer la dentelle d’une laitue feuilles de chêne, me procurent un immense plaisir tout simple.

(Photo : Jardiniers de France)

Nos papilles sont mortes à force de déguster des pesticides, insecticides et engrais toxiques. Les aliments industriels n’ayant aucune saveur, il faut user de condiments – je ne parle pas ici d’herbes et d’épices naturelles, bien sûr, mais de ketchup, marinades et vinaigrettes, de fabrication industrielle aussi. Quant aux additifs et colorants…

«Aimez la terre, elle vous le rendra», disait-on. Et c’est vrai!

Un mini jardin, c’est possible! sur un balcon, une terrasse ou le toit d’un building, en utilisant des caissons ou des pots.

(Photo : Remodelista)

(Photo : Remodelista)

Une table gazonnée (on pourrait ajouter quelques fines herbes au centre), est déjà plus amusante qu’une table de patio en plastique. Vous mangerez peut-être sans le vouloir quelques insectes, mais c’est à la mode en ce moment…!
Celle-ci a été installée à l'intérieur - sympa, non?  
(Photo : inhabitat.com)

Alors, pourquoi ne pas oser créer un jardin? Au moins, vous aurez du beau-bon-pas-cher, naturellement savoureux et coloré, pendant toute la saison.

Voici quelques conseils pour le jardinier paresseux 

L'art de la culture facile

Tommy Laprade dresse la liste des légumes et des plantes faciles à faire pousser, qui donnent un maximum de rendement pour un minimum d'effort :
- un incontournable : la tomate; on peut la partir en pot, dès le mois d'avril avec des graines; on peut aussi attendre pour acheter des petits plants bios à la serre.
- les radis
- les carottes
- des variétés de laitue, les épinards
- les haricots
- les échalotes
- des fines herbes : basilic, persil, aneth, thym, ciboulette, romarin.


On peut mettre ces plantes en pot et les rentrer quand il fait froid. Par ailleurs, elles ont besoin d'un minimum de six heures d'ensoleillement par jour.

Un jardin de carton

Voici un concept génial pour le jardinier paresseux :
- Étendre du carton sur la partie gazonnée qu'on veut cultiver.
- Couvrir de carton de terre à jardin achetée. Il faut de 10 à 15 sacs à 3 $ chacun.
- Mettre de 6 à 8 pouces de paille (pas de foin) par-dessus la terre.
- Mettre les plants en terre en tassant la paille, mais sans voir le carton.
Ce jardin surélevé bénéficiera du soleil et le carton sera devenu du compost l'année suivante.


Les principes de la permaculture

Tommy Laprade préconise aussi de cultiver des végétaux adaptés à la rusticité. Il faut éviter les plantes annuelles, les rosiers, etc.

Le secret pour réduire l'effet des prédateurs : mélanger fleurs, herbes, légumes. La nature adore le désordre. Ne pas oublier de planter serré.

Utiliser l'eau de pluie au lieu de l'eau très chlorée de la ville.

Éviter les engrais chimiques.

Utiliser des couvre-sol à la place du gazon.

Enfin, parler de ses expériences avec ses voisins et ses amis : cela ajoute au plaisir!

Source :
http://www.radio-canada.ca/emissions/dessine_moi_un_dimanche/2012-2013/chronique.asp?idChronique=293171

18 mai 2013

Ni toi ni moi


L’histoire de quatre personnes appelées :  
Tout le monde
Quelqu’un
N’importe qui
Personne

Un travail important devait être réalisé et Tout le monde était certain que Quelqu’un allait le faire et que N’importe qui pouvait le faire.

Mais finalement Personne ne le fit.

Quelqu’un était très fâché parce que c’était le travail de Tout le monde.

Tout le monde pensait que N’importe qui pouvait le faire, mais Personne réalisa que Tout le monde ne voulait pas le faire.

Finalement Tout le monde a blâmé Quelqu’un parce que Personne n’a fait ce que Tout le monde aurait dû faire.

(Auteur inconnu) 

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Un vieux papier jauni traînant dans une boîte de mots-souvenirs…
Pas mal quand même! 

17 mai 2013

État des lieux

Couverture du livre "State of The Ark" par Lee Durrell
Artiste : Jonathan Kingdon, zoologiste

Constatant les graves dommages causés par les actuels gérants-locataires de la planète, pays par pays, et compte tenu de l’état lamentable dans lequel ils l’ont précipitée, leur contrat de location devrait être annulé. Il serait temps que la terre passe entre les mains de locataires bienveillants, soucieux du bien-être commun à tous les niveaux.

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La planète malade
Marc Alyn 1937- 
(Compagnons de la marjolaine)

Je ne sais pas ce qui se passe,
Dit la Terre : j’ai mal au cœur!
Ai-je trop tourné dans l’espace
Ou bu trop d’amères liqueurs?

Les boues rouges, les pluies acides,
Le vert-de-gris dans l’or du Rhin,
Les défoliants, les pesticides,
N’en voilà des poisons malins!

C’est si fort que j’en perds la boule,
J’en ai les pôles de travers,
Ma tête à tant rouler se saoule :
Je vois l’univers à l’envers!

Je songe à ma rondeur de pomme
Dans le commencement des temps,
Juste avant que la dent de l’homme
Ne vienne se planter dedans.

J’étais rouge et bleue, j’étais verte :
Air pur, eau pure, Oh mes enfants!
La vie partout, la vie offerte
À profusion, à cœur battant!

Puis vint la guerre : chasse à l’homme,
Puis la chasse : guerre à la bête.
À bas l’oiseau! Mort à l’énorme!
Il faut mettre au pas la planète!

À présent, la chimie me ronge,
Je compte mes baleines bleues,
Mes pandas, mes oiseaux de songe
Qui ferment un à un les yeux.

Au secours, les enfants des hommes!
Le printemps perd son goût de miel.
Redonnez sa fraîcheur de pomme
À la terre, fruit du soleil!

Source :
Cent poèmes pour l’écologie
Choisis par René Maltête
Le cherche midi éditeur; 1991

15 mai 2013

Transformer la colère en créativité

Cette vidéo est un parfait exemple de la technique de méditation charabia (Gibberish Expressive Meditation) décrite dans cet article. Pratiquons, rions, et pour l’amour du ciel, cessons de nous prendre au sérieux quelques minutes!



Transformer la colère en créativité
Par Pragito Dove

La colère est une bonne chose... quand on sait être le maître et non le serviteur de cette puissante énergie.

Comment peut-on maîtriser la colère afin d’utiliser cette puissante énergie de la façon la plus créative possible en vue d’obtenir des résultats positifs?

La conscience est la solution.
Comment devenons-nous plus conscient?
En pratiquant la méditation.

À ma connaissance, la technique Gibberish Expressive Meditation* (charabia) est la plus puissante et la plus efficace pour transformer la colère en créativité, et ainsi nous donner des choix.

Le mystique soufi Jabbar fut le premier à répandre cette pratique. Jabbar encourageait ses disciples à parler en charabia (le babillage que les enfants utilisent avant d'apprendre leur langue maternelle*).

Le charabia (étape 1) nous permet de nous connecter rapidement et facilement à notre corps et à nos émotions. Nous quittons (temporairement!) l'esprit logique pour donner libre cours aux émotions stockées. Le silence (étape 2) permet d'écouter notre intelligence intérieure... et de laisser jaillir les idées créatives.

Souvent la colère monte soudainement et avant de nous en rendre compte, nous voilà en train de hurler après quelqu'un. La pratique du charabia aide à libérer les émotions stockées de sorte qu’après nous être vidés, nous sommes plus calmes et détendus.

Se crée alors un espace intérieur qui permet à l’intelligence intérieure et à la créativité de jaillir rapidement et facilement. Ainsi, la prochaine fois que quelqu'un vous emmerdera (ce qui est inévitable!), vous pourrez répondre avec moins de charge émotionnelle, une plus grande clarté d’esprit et peut-être un peu d'humour.

La colère crée une turbulence  émotionnelle qui voile notre capacité de communication créative. En vidant ce désordre interne par la méditation, nous libérons la charge émotionnelle des conditionnements passés, et nous pouvons répondre à la situation avec la conscience de l'instant-présent.

Avantages de la méditation charabia :
- Libérer la turbulence émotionnelle logée dans le corps et l'esprit – ce qui favorise le bien-être
- Découvrir une alternative au transfert de la colère sur un autre individu – et ainsi éviter la réaction en chaîne destructrice
- Utiliser l'énergie de la colère pour la transformer en créativité et en compassion
- Transformer le sentiment de victime en pouvoir personnel; s’affranchir de la prison mentale et/ou émotionnelle
- Prendre conscience de la douleur sous-jacente à la colère
- Réaliser qu’on a le choix d’orienter son énergie
- Reconnaître et accepter nos ressentis, nos sentiments  
- Accéder plus profondément au silence intérieur, à la sagesse et à l'intuition

Quand nous sommes en colère nous réagissons habituellement de l’une ou l’autre manière :

1. Nous réprimons. Les femmes, par exemple, ont appris qu'il n'est pas féminin de se fâcher. Ainsi, nous avons peur de la colère, de la nôtre ou de celle des autres. Et nous paralysons plutôt que de répondre adéquatement à la situation. Nous devenons des victimes.
2. Nous déchargeons notre colère sur quelqu'un d'autre – une caractéristique davantage masculine. Nous devenons des tyrans.

Victimes et agresseurs sont piégés par leur propre inconscient. Les victimes intériorisent leur colère et les tyrans l’extériorisent.

Comment nous libérer?

Si quelqu’un est du type victime que la peur paralyse, la méditation charabia peut l’aider à entrer en contact avec sa colère, à apprendre à se défendre, à se tenir debout et à exprimer ses limites. Quant aux intimidateurs, ils peuvent apprendre à réorienter leur colère dans un contexte sécuritaire. Les deux peuvent ensuite apprendre comment transformer leur colère en créativité et en choix. Tous deux retrouvent leur pouvoir personnel, libérés de leur réaction inconsciente.

Apprenons à nous enraciner en nous de telle sorte que nous vivions dans notre centre, là où réside notre intelligence. Il s'agit d'un endroit où nous sommes si ancrés dans la paix et le calme que rien ne peut nous troubler. Nous pourrons alors répondre aux situations au lieu de réagir par automatisme inconscient. La surface de l’océan est agitée par des millions de vagues causées par les vents, mais le fond de l'océan est toujours calme; le vent et l’ouragan ne peuvent le perturber. Nous sommes comme l'océan. Si nous vivons à la surface, troublés par la moindre perturbation, nous vivons dans une agitation constante. Mais nous pouvons apprendre à descendre au plus profond de nous, là où personne ne peut nous déranger.

Mais comment passer de la périphérie vers le centre, de la surface vers les profondeurs? Comment nous ancrer davantage à l’intérieur? La technique de méditation charabia vous guidera de l'inquiétude vers la sérénité, du chaos vers la paix, de la colère vers la compassion.

Ne vous battez pas, ne condamnez pas. Utilisez le feu brûlant de la colère et transformez-le en joie et en créativité. Vous gagnerez en maîtrise de soi et vous ne serez plus ni victime ni tyran. Acceptez et observez la foudre, le tonnerre et les nuages sombres de votre ciel intérieur, et le ciel bleu clair réapparaîtra.

* Technique de méditation charabia

Étape 1 : Charabia (30 secondes)
Fermez les yeux. Commencez à parler en charabia, sans vous inquiéter de ce qui sort. Exprimez les sons qui se présentent, n’utilisez pas une langue ou des mots que vous connaissez. Permettez-vous d'exprimer tout ce qui doit être exprimé. Soyez totalement fou. Il s'agit d'une folie thérapeutique.

Étape 2 : Silence et observation (30 secondes)
Toujours les yeux fermés, faites le silence et observez ce qui monte, sans juger.

Vous pouvez pratiquer la technique plus ou moins longtemps et le nombre de fois que vous voulez. Assurez-vous seulement de passer le même temps dans chaque étape

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* Le terme charabia vient du maître soufi Jabbar. Ce mystique n'ouvrait la bouche que pour baragouiner, il produisait des sons incohérents, dénués de sens. Cela ne l'empêchait pas d'avoir des milliers de disciples. Il considérait que le mental est pur charabia et que le faire taire donne un avant-goût de notre nature profonde.

COMMENTAIRE

Il est vrai que la frustration et la colère peuvent être de puissants propulseurs de changement – dans notre vie personnelle. Nous pouvons construire au lieu de détruire en libérant notre colère sur le dos de l’entourage. Si nous ne pouvons pas effectuer des changements immédiats, eh bien la méditation restera toujours une soupape de sécurité pour vidanger nos émotions et éviter d’écorcher les autres.

Je ne connaissais pas cette technique. J’ai essayé. Au départ, juste de s’entendre parler «bébé» est suffisamment rigolo pour que la morosité, s’il en est, s’envole comme par magie. Ne vous laissez pas rebuter par le côté apparemment farfelu de la technique… c’est vraiment amusant et efficace.

Mais en réalité, il n'y a pas de technique idéale ou plus efficace que d'autres. Il faut utiliser celle qui nous convient le mieux.

Mise en garde : évitez de pratiquer le charabia assis sur un banc de parc car une escouade de sarraus blancs pourrait se pointer.
: )

14 mai 2013

Chris Jordan : les vraies «choses»

Poupées Barbie (2008) : 32000 Barbies, représentant le nombre équivalent de chirurgies d’augmentation mammaire optionnelles effectuées à tous les mois aux États-Unis en 2006.

J’ai choisi ce découpage du tableau à diverses distances focales parce qu'il montre bien les détails formant l'ensemble, et puis, à cause de la double mastectomie préventive d’Angelina Jolie qui fait la Une aujourd’hui...

Chris Jordan, cet artiste de génie, poursuit son œuvre de «conscientisation» au sujet du consumérisme occidental qui, comme un virus, a contaminé les pays dits «émergeants», voire, la planète entière.

De fabuleux tableaux, abstraits ou réalistes, cachant vus de loin et révélant vus de près, la colossale quantité d’objets ou de déchets qui les compose. En zoomant sur les tableaux de Running the Numbers, voilà ce que nous découvrons une fois de plus.

Selon l’auteur, les statistiques restent abstraites, tandis que les voir concrètement imagées peut avoir un impact.

L’un de ses récents tableaux représente le Titanic en train de couler :

Unsinkable (Insubmersible) 2013 : 67000 nuages atomiques représentant les tonnes métriques de déchets d'uranium/plutonium ultra-radioactif stockées dans les bassins de déchets des 104 centrales nucléaires américaines. Ces bassins de déchets doivent être refroidis avec des centaines de milliers de gallons d'eau en constante circulation; et dans de nombreux sites, le système de refroidissement d’appoint en cas de perte de puissance, est soit inadéquat ou inexistant. Aux États-Unis, et partout dans le monde, les bassins de déchets sont mal protégés, trop pleins, et vulnérables aux tremblements de terre, aux tempêtes, à la malfaisance et à l'erreur humaine. En 1997, le Laboratoire National de Brookhaven estimait qu'une calamité à un seul de ces bassins de déchets aux États-Unis pourrait entraîner la mort de 138 000 Américains (plus que le nombre de Japonais morts sous le bombardement d'Hiroshima en 1945), et contaminerait 2000 milles carrés de terre.

En ce moment, le bassin de déchets du réacteur 4 de la centrale Fukushima-Daiichi au Japon, risque l'effondrement. Le bâtiment est instable, et le bassin fissuré qui fuit contient 262 tonnes de déchets d'uranium/plutonium ultra-radioactif. Pendant des mois, Fukushima a connu de nombreux tremblements de terre de magnitude 4,1 à 6,2, parfois plusieurs par jour. Si un séisme de magnitude 7 devait survenir, causant la rupture et la vidange du bassin de déchets du réacteur 4, la fusion et les incendies pourraient relâcher dix fois plus de matériel radioactif que la catastrophe de Tchernobyl. À ce moment-là, aucun humain ne pourrait entrer dans le site et le contrôler, ce qui pourrait initier une réaction en chaîne provoquant une fusion dans les cinq autres réacteurs de Fukushima, libérant ainsi 85 fois plus de radiations que le désastre de Tchernobyl.

Les États-Unis sont exposés à la bande de vents provenant de Fukushima, à seulement quelques jours via le courant-jet du Pacifique. Le courant-jet transporterait les matières radioactives à l'intérieur des États-Unis, circulerait éventuellement autour du globe et atteindrait tout l'hémisphère Nord dans les semaines ou les mois suivants. La quantité de radioactivité libérée «détruirait l'environnement mondial et notre civilisation», selon Robert Alvarez, ancien conseiller en sécurité nationale et environnement du Département de l’Énergie étasunien.

Autres photos-statistiques renversantes :

Plastic Bags (Sacs de plastique: 60 000 sacs de plastique représentant le nombre utilisé aux États-Unis à toutes les cinq secondes.

Toothpicks (Cure-dents: 100 millions de cure-dents représentant le nombre d'arbres coupés aux États-Unis chaque année pour fabriquer le papier des circulaires publicitaires.

Cans Seurat (Canettes de Seurat: 106 000 canettes d'aluminium représentant le nombre utilisé aux États-Unis à toutes les trente secondes.

Dog and Cat Collars (Colliers pour chiens et chats: 10 000 colliers pour chiens et chats représentant en moyenne le nombre de chiens et chats indésirables euthanasiés, aux États-Unis, à tous les jours.

Plastic Bottles (Bouteilles en plastique) : 2 millions des bouteilles de boisson en plastique représentant le nombre utilisé aux États-Unis à toutes les cinq minutes. 

Over the Moon : 29 000 cartes de crédit représentant en moyenne le nombre de déclarations de faillite personnelle à chaque semaine aux États-Unis en 2010.

Répertoire des projets - zoomez pour voir !
http://www.chrisjordan.com/gallery/rtn/#unsinkable 
 
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Jordan souligne dans sa présentation à TED (voyez la vidéo du message précédent), que l’idée n’est pas de nous culpabiliser, mais de plutôt prendre conscience que chacun de nos gestes, chacun de nos choix et chacun de nos petits achats ont des conséquences environnementales très graves, pour la plupart irréversibles. Pris individuellement cela semble anodin, mais pris globalement cela fait une méchante différence. Son projet ne s’appelle pas Running the Numbers en vain…
 
Cette présentation TED date de 2008 et le désastre de Fukushima n’avait pas eu lieu. Mais son message demeure bien vivant, car la production de gadgets n’a pas diminué, elle a augmenté! Le principal problème se trouve dans notre entêtement à fabriquer sans arrêt des milliards de gadgets inutiles supposés nous rendre heureux ou nous faciliter la vie. Sans parler du gaspillage résultant de l’obsessionnelle bouffe : on ne mange pas pour vivre, on vit pour manger. Ce qui entraîne de nombreux problèmes, pas seulement de santé.
 
Devenir conscient, c’est être capable de réaliser, de prévoir, les conséquences de ce que nous faisons. Lorsque nous savons, nous pouvons choisir, mais il faut d’abord sortir la tête du sable. Par exemple je me souviens avoir pensé, en voyant un de ces tableaux composé de briquets jetables, que si tous les gens qui les utilisent savaient, ils cesseraient sans doute d’en acheter à tout jamais. Bien sûr, il y a une masse critique de je-m’en-foutistes qui se disent « après moi le déluge », mais ça, on n’y peut pas grand chose…
 
 
Article intéressant au sujet de sa démarche artistique (en anglais) :
http://www.canada.com/vancouversun/news/arts/story.html?id=3e093270-22f3-4c17-851b-8d86da709455

Chris Jordan : des statistiques renversantes



Transcription :

Mon travail est d'étudier les comportements que nous adoptons inconsciemment de façon collective. Ce que j'entends par là, ce sont les comportements que nous refusons d'admettre et ceux que nous avons inconsciemment au quotidien. En temps qu'individus, nous faisons ces choses-là tout le temps, à tous les jours. Comme lorsque vous êtes désagréable avec votre femme parce que vous en voulez à quelqu'un d'autre. Ou quand vous buvez un peu trop à une réception juste parce que vous êtes anxieux. Ou quand vous mangez trop parce vous vous sentez blessé, etc. Et quand nous faisons ce genre de choses, quand 300 millions de personnes adoptent des comportements inconscients, alors on peut aboutir à des conséquences catastrophiques que personne ne souhaite et que personne n'a voulu. Et c'est ce que j’examine avec mes photos.

Voici une image que j'ai réalisé récemment, quand vous la regardez de loin, cela ressemble à un dessin néogothique d'une usine crachant de la pollution et quand vous vous rapprochez un peu, cela commence à ressembler à un enchevêtrement de tuyaux comme dans une usine chimique ou à une raffinerie ou un peut-être un carrefour autoroutier cauchemardesque. Et quand vous êtes très près, vous vous rendez compte qu'en fait l'image est composée de beaucoup de gobelets en plastique. Et en fait il s'agit d'un million de gobelets en plastique, c'est le nombre de gobelets en plastiques utilisés sur les vols aériens aux Etats-Unis à toutes les 6 heures. Nous utilisons 4 millions de gobelets par jour sur nos vols et ils ne sont pratiquement pas réutilisés ni recyclés, on ne fait pas ce genre de chose dans ce type d'entreprises.

Mais ce chiffre est ridicule à côté du nombre de gobelets en carton que nous utilisons chaque jour, soit 40 millions de gobelets par jour pour nos boissons chaudes, principalement du café. Je n'ai pas pu mettre 40 millions de gobelets sur une toile, mais j'ai réussi à en mettre 410 000 : voilà ce à quoi ça ressemble. Voilà 15 minutes de notre consommation de gobelets. Et si on pouvait effectivement empiler tous ces gobelets pour de vrai, voilà la taille que cela aurait. Et voilà une heure d'utilisation de nos gobelets, et là une journée d'utilisation de nos gobelets. On aperçoit encore les gens en tout petit tout en bas de l'image. C'est aussi haut qu'un immeuble de 42 étages, et j'ai mis la Statue de la Liberté pour vous donner une idée de l'échelle.

Puisqu'on parle de justice, il y a un autre phénomène dans notre culture qui me semble terriblement perturbant, c'est que l'Amérique aujourd'hui a le plus grand pourcentage d’individus en prison de tous les autres pays sur la planète. Un sur quatre, un être humain sur quatre emprisonné est un américain emprisonné dans notre pays. Et je voulais imager ce chiffre. Ce chiffre, c’est 2,3 million d'Américains qui étaient emprisonnés en 2005. Et cela augmenté depuis, mais nous n'avons pas encore les chiffres. Et donc, je voulais montrer 2,3 millions d'uniformes de prisonniers et une fois imprimé sur ce tableau, chaque uniforme a l’épaisseur d'une pièce de 5 cents. Ils sont minuscules, on les distingue à peine en tant que bout de tissu, et pour en montrer 2,3 millions, il fallait une toile plus grande que ce que la plus grande imprimante du monde pouvait imprimer. Alors j'ai divisé l'image en panneaux multiples de 3 mètres de haut sur 8 mètres de large. Voilà, ce tableau est accroché dans une galerie de New York. Ces personnes, ce sont mes parents en train de le regarder. (Rires) Chaque fois que je regarde cette photo, je me demande toujours si ma mère n’était pas en train de murmurer à mon père «il s'est enfin mis à plier son linge». (Rires)

Je voudrais vous montrer maintenant des travaux sur le thème de la dépendance. Et en particulier celui-ci, qui traite de la dépendance à la cigarette. Je voulais montrer le véritable nombre d'Américains qui meurent d'avoir fumé des cigarettes. Plus de 400 000 personnes meurent chaque année à cause des cigarettes. Ce tableau est donc composé d'un grand nombre de cartouches de cigarettes. Et quand vous reculez lentement, vous voyez qu'elles composent une œuvre de Van Gogh qui s'appelle « Crâne à la cigarette ». Quand on y pense, c'est étrange que lors de la tragédie du 11 septembre, 3 000 américains sont morts, et vous vous souvenez de la réaction? Elle a eu des échos dans le monde entier, et cet écho continuera encore dans l'avenir. C'est quelque chose dont on parlera encore dans 100 ans. Et pourtant le même jour, 1100 Américains sont morts de la cigarette. Et le jour suivant ce sont encore 1100 Américains qui sont morts de la cigarette. Et depuis, chaque jour, 1100 Américains meurent. Et aujourd'hui 1100 américains sont en train de mourir à cause de la cigarette. Et nous n'en parlons pas. Nous évitons le sujet. Les groupes de pression de l'industrie du tabac sont trop puissants. Nous l'écartons simplement de notre conscience. Et en sachant ce que nous savons sur le pouvoir destructeur des cigarettes, nous continuons de permettre que nos enfants, nos fils et nos filles soient exposés aux influences qui vont les inciter à commencer à fumer. Et c'est le sujet de ce prochain tableau.

Rien que des tas et des tas de cigarettes : 65 000 cigarettes, ce qui équivaut au nombre d'adolescents qui vont se mettre à fumer ce mois-ci, comme chaque mois aux États-Unis. Plus de 700 000 enfants de moins de 18 ans aux États-Unis se mettent à fumer chaque année.

Une autre bizarre épidémie aux États-Unis dont je souhaite vous parler est ce phénomène d'abus et de mauvaise utilisation des médicaments d’ordonnance. Voici une image que j'ai réalisée avec un tas de comprimés de Vicodin, en fait, je n'avais qu'un comprimé de Vicodin que j'ai scanné de nombreuses fois. (Rires) Et donc, en reculant on voit 213 000 comprimés de Vicodin, ce qui équivaut au nombre annuel d'admissions aux urgences aux Etats-Unis, que l'on peut attribuer aux abus et mauvaises utilisations d'antalgiques et d'anxiolytiques sur ordonnance. Un tiers de toutes les overdoses aux États-Unis, y compris à la cocaïne, l'alcool, etcetera, un tiers de ces overdoses sont dues à des médicaments sur ordonnance. Un phénomène étrange.

Voici un tableau que j'ai réalisé tout récemment avec pour sujet un autre phénomène tragique. Et il s'agit du phénomène de notre obsession grandissante pour les chirurgies d'augmentation mammaire. 384 000 femmes, des Américaines, l'année dernière, ont choisi de se faire opérer pour avoir une plus grosse poitrine. C'est en train de devenir le cadeau le plus populaire pour récompenser une réussite au bac, que l'on fait à des jeunes filles qui vont aller à la fac. Alors j'ai créé cette image avec des poupées Barbie, et donc en reculant, vous voyez cet espèce de motif floral, et quand vous avez pris tout votre recul, vous voyez 32 000 poupées Barbie; ce qui représente le nombre de chirurgies d'augmentation mammaire faites aux Etats-Unis chaque mois. La grande majorité est faite sur des femmes de moins de 21 ans. Et c'est assez étrange mais la seule opération de chirurgie esthétique qui soit plus populaire que l'augmentation mammaire est la liposuccion, et ce sont essentiellement des hommes qui s'y soumettent.

Je tiens à insister sur le fait que ce ne sont que des exemples, je ne considère pas que ce sont les plus graves problèmes, ce ne sont que des exemples. Et si je fais cela, c'est parce que j'ai peur que nous ne le ressentions pas assez, en tant que culture, à l'heure actuelle. Il y a comme une sorte d'anesthésie en Amérique en ce moment. Nous avons perdu la capacité de nous choquer, d’être en colère et d’éprouver de la peine vis-à-vis de ce qui se passe dans notre culture en ce moment, de ce qui se passe dans notre pays et des atrocités qui sont commises en notre nom dans le monde. Elles ont disparus, ces sensations ont disparu. Notre joie nationale, notre joie culturelle est invisible. Et l’une des raisons en est, selon moi, que tandis que chacun essaye de construire cette nouvelle vision du monde, une vision globale du monde, une image holographique, que nous essayons tous de construire mentalement, de l'interconnexion des choses, nous négligeons l'impact environnemental à 1000 kilomètres des choses que nous achetons, les conséquences sociales à 10 000 kilomètres des décisions quotidiennes que nous prenons en tant que consommateurs.

Pendant que nous essayons de créer cette vision, que nous essayons de nous éduquer quant à l'énormité de notre culture, les informations avec lesquelles nous devons travailler ce sont ces chiffres gigantesques : des chiffres en millions, en centaines de millions, en milliards et désormais en trillions. Le nouveau budget de Bush se chiffre en trillions, et ce sont des chiffres que notre cerveau n'est tout simplement pas en mesure de concevoir. Nous n'arrivons pas à donner du sens à ces statistiques énormes. Et donc c'est ce que j'essaye de faire avec mes œuvres, C'est de sortir ces chiffres, ces statistiques, du langage brut des données et de les traduire dans un langage visuel plus universel et qu'on peut ressentir. Parce que je suis persuadé que si nous pouvons ressentir ces questions, si nous pouvons ressentir ces choses plus profondément, alors elles prendront plus d'importance pour nous qu'elles n'en ont aujourd'hui. Et si nous pouvons trouver cela, alors nous serons capables de trouver en chacun de nous ce dont nous avons besoin pour faire face à LA grande question, qui est : comment faire pour changer. Pour moi, c'est ça la grande question que nous devons nous poser en tant que peuple aujourd'hui. Comment changer? Comment changer en tant que culture, et comment en tant qu'individu prendre la responsabilité qui nous incombe à chacun d'une partie de la solution, c'est-à-dire notre propre comportement?

Ce que je crois, c'est qu'on n'a pas besoin de se sentir coupable pour considérer ces problèmes. Je ne pointe pas l'Amérique du doigt pour l'accuser, je me contente de dire, voilà ce que nous sommes aujourd'hui. Et si nous voyons des choses que nous n'aimons pas dans notre culture, alors nous avons le choix. Le degré d'intégrité que chacun peut révéler pour apporter à cette question une profondeur de caractère pouvant nous mobiliser pour faire face à cette question de changement. C'est déjà ce qui nous définit en tant qu'individus et en tant que nation, et cela continuera dans l'avenir. Et cela affectera profondément le bien-être et la qualité de vie de milliards de gens qui vont hériter des résultats de nos décisions. Je ne parle pas de cela d'une façon abstraite, je dis, voilà ce que nous sommes, dans cette salle. Ici et maintenant.

Merci, et bon après-midi.

13 mai 2013

Croissance et décroissance

Croissance...
égale décroissance :
 
Pas besoin d’être scientifique ni expert en climatologie pour noter les changements climatiques et leurs effets. Il suffit de visiter son maraîcher. Je lui ai demandé ce qu’il avait constaté ces dernières années. Réponse simple : «Tout est chamboulé, on ne peut plus se fier à rien ni prévoir comme autrefois. Les rythmes ou les cycles sont désordonnés ou rompus. Avec le récent coup de chaleur nous avons  cueilli les asperges beaucoup plus tôt cette année.» Avec le coup de froid d’aujourd’hui, que se passera-t-il…? 

De mon côté, j’ai remarqué que les hirondelles des granges se font plus que rares. Même les merles d’Amérique sont beaucoup moins nombreux comparativement à il y a quelques années. Je ne suis pas scientifique ni experte, mais j’observe et je constate.

Liste des espèces sauvages en péril (connues…) – ahurissant :  
http://www.registrelep.gc.ca/sar/index/default_f.cfm :
«Aujourd’hui, les animaux et les plantes sauvages du Canada font face à de nouvelles menaces, notamment la destruction de leur habitat et la contamination de leur environnement. Un peu partout au Canada, certains types d’habitats disparaissent, et ce très rapidement. On comble des terres humides, fragmente des forêts, laboure et clôture des prairies.
       Comme c’est le cas dans plusieurs pays riches, le mode de vie moderne du Canada dépend fortement des produits chimiques industriels, ménagers et agricoles. Malheureusement, ces produits présentent des risques graves pour la santé des espèces sauvages.
       Les précipitations acides constituent une autre menace. L’acidité provoquée par certains polluants peut causer la mort de nombreux organismes aquatiques, endommager les sols et avoir des effets négatifs sur les forêts.
       Dans le Nord canadien, les changements climatiques modifient l’état des glaces, menaçant la survie à long terme de plusieurs espèces.»

Ainsi, la croissance (économique) génère-t-elle la décroissance de la beauté et de l’utile, au profit de la laideur et de l’inutile.

Si nous ne changeons rien à notre mode de vie MAINTENANT, eh bien, la terre sera ce qu’elle sera : un dépotoir d’ordures toxiques.

Parlant d’expertise, un documentaire intéressant sur le pullulement des experts de tous acabits – fréquemment de faux-jetons essayant de nous faire avaler des couleuvres. Si vous avez accès à la zone, ça vaut la peine :
«Nous comptons tous sur les experts et, souvent, nous donnons raison à leurs opinions. Mais est-ce que leurs décisions sont meilleures que celles des gens ordinaires? Ils nous disent quoi manger, comment voter, élever nos enfants, réparer nos maisons, acheter du vin, interpréter les événements politiques et, jusqu'à récemment, choisir les bons placements. Souvent, nous donnons raison à leurs opinions parce que ce sont eux les experts. Ils sont mieux informés que nous, non? Au cours du dernier effondrement boursier, nous avons découvert que certains de nos experts les plus importants, les gourous de la finance, ne connaissaient pas grand-chose. Aujourd'hui, un groupe croissant d'experts dénigre les experts et pose la question : est-ce que le fait de détenir une expertise signifie que vos décisions sont meilleures que celles des gens ordinaires?» ~ Zone doc
http://www.tou.tv/zone-doc-la-dictature-des-experts

Si la nano/techno/robotique et la fusion homme/machine (biotechnologie) vous intéressent, un documentaire saisissant - Un monde sans humains? par Philippe Borrel. Comme disait JiCi Lauzon «vous en trouverez une copie dans un You Tube près de chez vous» : https://www.youtube.com/watch?v=OEWOESrZDwQ

Performance, compétitivité, adaptabilité, survie… pour le meilleur et le pire.  
Commentaire d’un internaute : «Je ne suis ni un chien ni un chat, alors vos puces, vous pouvez vous les garder!»
: )

Citations de participants interviewés :
«L’essentiel de la vie humaine c’est précisément ce qui ne peut pas être calculé. C’est-à-dire, l’amour, la spiritualité, et la poésie, la sagesse, la musique, la tendresse, l’altruisme, la générosité, la solidarité humaine, toutes ces choses qui ne peuvent pas être comptées sont petit à petit évacuées du paysage.»
~ Jean-Claude Guillebaud, auteur de La vie du vivant  

(Non textuel) «L’approche est réservée à une élite et il est évident qu’il y aura une fracture, une césure acceptée au sein de l’humanité. Il ne sera pas nécessaire d’exterminer les moindres
~ Jean-Paul Malrieu, physicien quantique, directeur de recherche au CNRS

«Il faut que nous renoncions à laisser aux experts le soin de guider nos vies, que ce soit des experts en économie, des experts en politique, que ce soit en nanotechnologie, etc. Il faut que nous puissions nous réapproprier cette démocratie que nous avons eu tendance à abandonner à leur profit sous la pression des politiques sécuritaires, et sous la pression des industries diverses et variées de l’humain.»
~ Roland Gori, professeur de psychopathologie clinique

Quant à moi, je suis un dinosaure car je vois toutes ces choses comme une insulte à notre source d’intelligence interne qui n’a rien à voir avec le cerveau. Tout ça parce que nous avons peur de la mort! L’on cherche l’immortalité et l’omniscience via la machine. La guérison du corps passe par la guérison de l’âme et je ne crois pas que notre fusion à la machine résoudra nos problèmes. Et puis, quant à savoir ce que les gens pensent, la bonne vieille télépathie fonctionne très bien. C’est vrai que nos corps biologiques sont limités, mais le but n’est pas de vivre dans des robots humanoïdes programmés par d’autres cerveaux. L’esprit ne meurt pas, quelles que soient les formes qu’il emprunte temporairement, sur terre ou ailleurs.

Conclusion : de la façon dont les choses progressent, la terre se porterait probablement mieux sans les hommes et leurs bio-nano-machins. Tout ça est quand même bien triste.  

Croissance...
égale décroissance :